|
Ah Tous les soirs à la même heure
Le soleil saigne sur la Seine
Nous n’en finirons donc jamais
De répéter la même scène
Faudra-t-il donc toujours que meure
En perpétuel sacrifice
La désespérance d’aimer
Toute cette eau qui des doigts glisse
J’écris toujours j’écris jamais
Jamais je n’ai pu désapprendre
Après Avril de guetter Mai
Dans le visage au regard tendre
Tendre vers l’oubli des saisons
Où l’homme garderait raison
De l’amour sage de la femme
De cette paix à nier l’âme
Il sera désormais trop tard
Autrement que par artifice
D’ensevelir la mort et l’art
De ceux qui quittèrent la lice
Et le passé et le présent
Construisent une même histoire
Où la colère des absents
Longtemps tiendra lieu de mémoire
A changer du calendrier
Toutes les dates douloureuses
Ne nous convaincra de nier
Que la Terre poursuit sa ronde
Aujourd’hui la colère gronde
Pour qu’il ne soit plus de pleureuses
A entendre la nuit crier
L’absence froide dans leurs lits
Je pense aux hommes et aux femmes
Sur cette toile de Matta
Qui mesurèrent de leur sang
Le tremblement de notre temps
Mais de savoir que de tes mains
Ce furent tes doigts qu’on ôta
Camarade chante le drame
D’apprendre la couleur des mots
14/09/1977
|