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De tous ces bons chrétiens selon leur charité
Qui plaignent les bourreaux condamnent les victimes
Qu'attendre de leurs mains qu'un peu de pain séché
Béni à peu de frais offert aux affamés
Térésa Térésa la Terre est un mouroir
Tu ne suffiras pas à les enterrer tous
Ne comptez pas sur eux mesdames et messieurs
Pour que vivent demain vos filles et vos fils
Une ère de robots s'ouvre devant nos yeux
Nous avons dit adieu à notre liberté
Ne nous voyez donc pas devenir des esclaves
Une bonne conscience à ne jamais défendre
Une liberté fausse à l'abandon mêlée
La liberté vécue n'est pas laisser-aller
N'est pas le tout permis Je m'en lave les mains
Vivre ne se confond avecque la durée
Rien nous ne faisons de notre peau sinon de
La laisser aux intempéries pourrir mourir
Vivre penser aimer par les maîtres maudits
De la répétition sont réduits aux seuls gestes
La stabilité pour eux c'est sécurité
Assurance que se perpétue leur pouvoir
Que chaque jour nous enfonce plus dans l'oubli
Enfer et paradis ne se situent aux cieux
Enfer et paradis tremblent dessous nos pieds
Enfer présent vécu paradis à construire
Demain s'ouvre à nos mains serrées autour des cous
De tous les étrangleurs de notre quotidien
Que feront nos enfants si nous ne tentons rien
Nous qui prétendons tant les aimer plus que tout
Alors qu'aujourd'hui nous laissons se délabrer
Ce qui constituera leur présent dans vingt ans
Suffit-il d'espérer mourir avant la crise
Croyez-vous que demain dans notre société
Il y aura assez de planques pour chacun
Mon enfant je te souhaite de vivre planqué
Ne te soucie de rien Ta vie sera tranquille
Tranquille tout autant que d'autres inutiles
Tu connaîtras les joies de mes contemporains
Le boulot le métro le dodo le porno
Le vélo le loto la moto la toto
Le tiercé la télé le foot et le week-end
Et par-dessus tout ça surgira la retraite
Peuple que l'on amuse et abuse aisémment
Tu ne sortiras donc jamais de ta torpeur.
10/12/1979
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