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Le temps pour nous viendra d'ignorer l'avenir
Nous vivrons le présent vêtus de souvenirs
Nous nous souviendrons d'avoir aimé la nuit
Ces décharnes portant vers la mort notre ennui
Notre mémoire seule tremblera encore
De nos tendres ébats La mémoire des corps
Est souvent plus fidèle que celle des mots
Et nos coeurs rythmeront l'ardeur de nos marmots
Nos mains unifiées seulement s'émouvront
Cette étreinte première nous unit un jour
L'unique nous restant soutiendra notre amour
Puis le jour tombera où tous deux nous mourrons
Nous sourirons toujours quand nous serons sous terre
Fleur tu offriras ton pied aux baisers du ver.
1970
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