|
Les longs chemins de pierres blanches pavent la route du monde
Les flaques de sang chaud et rouge indiquent la loi en vigueur
La foule des pierres pressées martelées en toute rigueur
Envahit les places les champs les pays et la foule gronde
Et la foule gronde de voir la grand’route qu’elle élabore
Vers des azurs toujours nouveaux pour selon la nécessité
Ne pouvoir dessus s’y mouvoir Car construire sans profiter
Telle est la condition pour que soient vains l’effort et ses morts
Alors pour que le sens montré par tant de siècles d’érosion
Sur la terre et les océans les cieux et enfin le cosmos
Ne soit pas que symbole ou pure illusion de rêveur atroce
Certains nommés nos dirigeants s’installent dans notre évasion
Quelqu’un nous marche sur la tête à chaque instant et qui essaie
De lever les yeux vers le ciel découvre un grand pied protecteur
Interdisant le moindre bond écartant du propre secteur
A chacun son trou Les nuages se moquent d’un pied de nez
Nous sommes les pavés qu’on dit civilisés ou bien usés
Aucun n’est à la fois la roue Quelques-uns profitent de nous
Voyagent jusqu’à la limite de notre ouvrage de fous
Qui donc dit A chacun sa place Quelle pièce de musée !
1973
|