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Où êtes vous peuple des métiers d’antan
Qui donniez grandeur aux anciens villages
En nulle terre nul pays ne survit maintenant
L’art inouï de vos méticuleux ouvrages
Où êtes vous cordonniers, rémouleurs
Dentellières, lavandières, potiers
Charrons, forgerons, colporteurs
Sabotiers, meuniers et autres vanniers…
Toute une litanie fâcheusement fânée
De peines certes d’artisans laborieux
Mais de vie les villages grouillaient
En ces temps austères de nos aïeux
On entendait galoper dans les rues
Scier, grincer, taper dans les échoppes
Et cheminer au lavoir en fichus
Les femmes lourds baquets aux épaules
Les jeunes entraient en compagnonnage
Sous l’aile experte de maîtres artisans
Ils souffraient oui dans leur jeune âge
Mais point d’oisiveté en ces glorieux temps
La campagne aujourd’hui est seule
Lacérée de machines en ses champs
Qui sèment et moissonnent en meules
Le foin qu’occupait jadis tant de gens
L’autarcie pauvre mais chaleureuse
Où l’entraide était valeur commune
S’est noyée dans les avancées hideuses
Sans estime pour la nature aucune
Depuis longtemps déjà la cadence
N’est plus celle tranquille des saisons
Seule compte désormais la permanence
De larges profits sur toute production
Où êtes vous peuple des métiers d’antan
Qui donniez noblesse aux vieux villages
En nulle terre nul pays ne survit cependant
L’art inouï de vos minutieux ouvrages
Et moi qui suis de votre humble lignée
Je pleure n’ayant pas compris en temps voulu
Autant la campagne sauvagement violée
Que vos habiletés irrémédiablement perdues
Zé
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