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TRAVESTI
Quand sa robe a glissé doucement dans le noir,
Personne n’aurait pu imaginer que Jean,
Harassé, abattu, pour trois pièces d’argent,
Verserait quelques larmes devant son miroir.
Où s’en va la pudeur, où s’en vont les espoirs,
Lorsque la vie vous traite avec tant de mépris,
Quand les jardins d’enfants recouvrent les débris
D’un amour qui se meurt sans s’en apercevoir …
Pourtant, hier encor il était respecté,
L’argent coulait à flots dans la maison fleurie
Où toute la famille, avant d’être appauvrie,
A la table des grands brillait en société.
Dessous le maquillage, au-delà des paillettes,
Qui verra l’infamie, qui saura la douleur ?
Fallait-il être femme et taire la pudeur
Pour oser s’exhiber et feindre la coquette …
Alors pour quelques sous il s’en va tous les soirs
Sous le regard de l’autre afficher l’apparence,
Le visage livide teint d’indifférence,
En veux-tu, en voilà, messieurs dames, bonsoir …
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