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Elle coupait les blés
En attendant son fiancé .
Et puis les anglais sont venus
Elle a été perdue .
Son fiancé forçat sur les pontons
Porté par la déportation
Ils ne voulaient plus des français
Sur cette terre noire d’Ecossais .
Et , elle, la belle , Evangeline
Est partie à travers les collines.
Poussée par les rouges soldats
Qui tuaient à tour de bras .
Des milliers , des milliers , sur les pistes
A travers les bois , marqués sur des listes .
Le malade souvent tombait
A chaque fois il mourrait .
Les enfants chantaient sur les tombes
Au bord, au bord du monde .
Ils étaient pas loin de tous périr
Au son du violon et des martyrs.
Evangeline tenait bon , disait
« Que son amant ,elle l’attendrait «
Avec son bel accent Cadien ,
elle crachait sur les bons à rien .
Et de la blanche Acadie ,
ils apparaissent chez le roi Louis.
Evangeline attend l’amoureux
Sous l’Arbre , le chêne majestueux.
Il fait bien chaud
En cette Louisiane
De fais do-do , en fais do-do ,
En sirotant sa gentiane .
Elle est toujours si belle
et refuse toujours l’autel .
Et les beaux et riches créoles
De ne pas l’avoir se désolent.
Et les violons chantent sa vie
Dans les bals de ce pays
Des valses simples et lentes ,
Des valses tristes et troublantes .
Le temps passe sans rien
Elle est si jeune et toujours belle
Parfois elle chante en cajun
Des mots de loin , immortels .
C’était alors un beau samedi
Qu’un vieil homme bien gentil
Les cheveux blancs de malheurs
Est venu la chercher en pleurs .
Elle n’a pas reconnu son amoureux
Dans ce vieillard noueux
Elle a laissé son parfum
Sur les pas du long chemin .
Il l’a porté sur ces grands bras
Puis l’a couché très las .
Les deux près de la rivière
Ils reposent en terre .
Vous pouvez entendre le son
Des cris , du sang , et du violon
Ils pleurent tous dans ce pays
Evangeline et son ami .
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