|

Ivre du ciel
C’est l’irraisonné dans mon cloître
J’y abrite toutes les chapelles détruites
Vides crépuscules et lettres closes
Sourds murmures et cris reculés
De mille cryptes ensevelies de terre nue
De mille asphodèles ombrés de mystère
L’homme m’abreuve à ce visage sans guerre
l’homme me déchire à cette glèbe souillée
J’accueille la seule solitude permise
Celle qui me guide à la lueur de l’oubli
Comme pour te rejoindre dans l’abîme
Là où s’embrase le ciel, s’envole la poussière
De toute absence, de toute chaussée
Je chante l’horreur par mon silence,
J’implore la pluie de clarifier ma raison,
D’être dépouillé de toute servitude
Par le tombeau je meurs entre tes bras
Aux souvenirs effacés par la lune
Il ne reste que nos pas et le sable,
Les coquelicots d’une autre couleur
…
|