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Laissez
Laissez courir les mots sur le papier brouillon,
Les couleurs de mon coeur sur la brise du soir,
Les parfums insistants dont j'ai perdu les noms
mais qui chantent toujours dans mes rêves d'espoir...
S'effacer doucement sur le sentier du temps,
Esquiver le buisson qui déchire la chair,
Redevenir enfin un tout petit enfant
En cherchant le bonheur sous le feuillage vert...
Caresser tes cheveux, conjurer tes brûlures,
Donner et redonner jusqu'à n'avoir plus rien,
Apaiser les tourments, les plus graves blessures
par des verbes d'amour sur le vent du destin...
Puis aller s'endormir dans tes bras d'amoureux
Qui réchauffent mon corps mangé par les souffrances,
Laissez chanter l'oiseau, celui qui est heureux
Loin des cages de fer, libéré se balance...
Puis attendre la vague qui caresse le sable,
Vient lécher mes pieds nus, balloter mes amours,
M'endormir sans souci en pensant à l'étable
Où un petit enfant est venu naître un jour...
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