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La buée sort de mon brouillard
Elle donne un air hagard
Mais c’est cette mer salée
Noire , verte et perlée .
Le monde parle d’hier
Et affronte cet hiver .
Il faut sentir les vapeurs chaudes
Des vagues esquimaudes .
Danseuses de vents ,
Sur les barrière d’océan .
Ecume blanche et martiale ,
Armée de la mer matinale .
J’aime tant vous regarder
Longtemps , longuement
Avec les yeux impatients
J’aime tant vous embrasser .
C’est une femme immortelle
Que cette mer si belle
Elle creuse les reins de récifs
Elle use mes sens à vif .
Sa douceur est de sable
De poussière blonde
Sur le chemin de ronde
De grains de pierres admirables .
Et parfois à la place des otaries
Des naïades sont ma mélancolie
De les voir dans l’eau
Elles me donnent chaud .
Pourtant c’est le froid sur la terre
Et rien ne bouge hors de la mer
Elle rit de nous pauvres humains
Petits hommes, petits gars de rien .
J’aime tant sa majesté
Là au bout de la jetée
Le regard vague et le cœur pur
Lavé de toute ma pourriture .
Il fait beau dans le froid de mer .
Il fait si beau dans cet eau d’hiver
Et moi je songe à m’envoler
Loin du rivage , émerveillé .
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