|
« Appelons la femme un bel animal sans fourrure dont la peau est très recherchée ».
Jules Renard
Un renard quelque peu fatigué
Se reposait allongé au pied d’un cyprès.
Sa nuit avait été agitée.
Il avait beaucoup arrosé
Son goût pour les renardes et ses succès.
Ensuite il avait copulé à satiété
Comme un possédé, voire un obsédé
Et son sexe maintenant lamentablement pendait,
Dans sa coquille était rentré
Tel le vermisseau d’un nouveau né.
Mais peu lui importait en vérité,
Un chaud soleil de ses rayons dardait.
Maître Renard se sentait empli de sérénité,
En plein accord avec Dame Nature illuminée.
Ce soir de bonne heure, sapristi, se coucherait,
Un repas léger, vite avalé.
Diantre ! Il lui fallait récupérer
Car venait à peser le nombre des années.
Se remémorant sa nuit, se dit qu’il avait assuré,
Les cris de Dame Renarde avaient réveillé tout le quartier.
Le matin venu, il l’avait poliment jetée,
Qu’elle n’ait surtout pas l’idée
Incongrue, saugrenue de s’incruster.
Renard était un célibataire invétéré.
Un joli sentier parsemé
Passait près du cyprès.
Un petit vent rusé
La poussière faisait voler.
Maître Renard fixe la piste qui poudroie
Et se dit stupéfait que sa vue merdoie.
Approche à petits pas une superbe poule,
Genre poule de luxe qui rend tout coq maboule.
La belle gallinacée devant Renard vint à s’arrêter
Et se mit stupidement à l’allumer,
Lissant ses plumes éclatantes,
Se la jouant et se voulant alléchante.
Maître Renard se fit la réflexion que cette mignonne
Etait on ne peut plus conne.
Etait-elle au moins bonne
Avec cette allure un rien friponne ?
Quoi que fît la luronne,
Renard ne s’en émoustilla.
Une pétasse qui se prenait pour une baronne !
Vexée, belle poule s’égosilla,
En vint à se moquer
De ce Renard qui ne pouvait bander.
Elle fixait dédaigneuse
Le sexe flasque et s’essaya à une patte baladeuse.
Maître Renard n’y tint plus, saisit la gueuse
Et se dit que tout compte fait
Elle ferait un excellent repas, de quoi boucher une dent creuse.
Un Renard bien fait et bien né
N’est pas un vulgaire poulet
Pour de ses hommages honorer
Une gent emplumée.
D’un seul coup de crocs lui coupe le sifflet.
Et bizarrement plus affamé
Après sa soirée et sa nuit débridées,
Se met la belle poule à bouffer.
Un bien gentil met.
Rien à rejeter.
Aile, cuisse galbée,
Filet mignon, rognons,
Et pour finir le croupion.
Maître Renard se dit que peut-être il avait été con
Car ce dernier, le croupion, était vraiment bon.
Qu’il aurait pu prendre un terrible pied
Avec cette poule échauffée.
Mais cet en-cas
Avait reboosté notre gars.
Il regagna son terrier
Histoire de se refaire une beauté,
Prévoyant une nouvelle soirée
De sexe et de festivités.
La forme était revenue,
Son membre gonflé n’avait plus rien d’un fétu.
Moralité :
« Ne jamais perturber
Le repos d’un guerrier.
De l’eau qui dort se méfier
Lorsque l’on est une fille bien élevée (au grain SVP),
Il y a grand danger
A vouloir s’encanailler.
Laisser cela aux initiés
Et passer sa route sans se retourner ».
PHIL LE 08/03/2009
COPYRIGHT tous droits réservés à Philippe LEGOUPIL
Venez me rejoindre à compter du 15.01.2010 sur mon nouveau site de poésie à caractère conviviale http://www.amisdelapoesie.fr

|