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Ô Toi, ma tendre muse, qui dors à mes côtés.
Sens-tu dans ton profond sommeil mes douces pensées
Qui caressent ces rêves à tes paupières pressées ?
J’ai si peur de te perdre, un jour, au débotté.
Que deviendront ces liens chéris tissés d’amour,
Qui unissent ton âme à la mienne depuis si longtemps ?
Se peut-il qu’un vent soudain se lève les emportant
Vers des contrés lointaines où jamais il ne fait jour ?
Sens-tu dans ton sommeil mes tendres caresses
Qui courent sur ta peau comme vagues légères
Tandis que ma gorge et mon cœur se serrent
A l’idée qu’il faudra, un jour, que je te laisse.
L’absence de choix s’imposera le jour venu
Où je quitterai la vie, comme un manteau trop lourd,
Que laisseront glisser ces doigts devenus gourds
Et qui, déjà, ne m’appartiendront plus.
Ô Toi, ma tendre muse, qui dors à mes côtés.
Ton souffle lent et régulier berce ma terreur.
A l’idée de voir trop tôt, quelle horreur,
De ma vie, une à une, les attaches ôtées
Comment imaginer qu’on puisse juste partir
Et laisser l’autre pleurer, sur une place vide,
Avec comme seul souvenir cette face livide
Que plus rien ne fera jamais sourire.
J’ai si peur de te perdre, un jour, au débotté
Faisons comme si ce jour était le dernier
Offrons-nous de l’amour à pleins panier
Entre nous, toujours perdurera l’été.
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