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Tes yeux sont plus profonds qu’une nuit d’Août,
Tes oreilles sont ces coquillages au fond desquels s’entend le chant des sirènes,
Tes cheveux, ces algues enserrées autour des chevilles de ceux qui entendirent leurs chants,
Ta bouche, celle de l’Oracle annonçant à l’homme qu’il ne mourra sans connaître le jour,
Ta langue roule les baisers comme le tapis dans lequel à César Cléopâtre s’offrit,
Le velours de ta voix berce les étoiles.
Il n’est de musique céleste que ta respiration
Ce souffle où puise vie celui qui ne te connaît encore
Tu marches comme danse la feuille dans le vent
Ton pas est plus léger que le rêve du voyageur
Et la mer imite avec désespoir le balancement de tes hanches.
Comme les planètes autour du soleil
les abeilles autour de la ruche
le sourire des hommes autour de toi gravite,
le désir de toi est une porte ouverte sur l’éternité.
Le soleil n’a d’autre raison de brûler que de révéler ta beauté, astre vivant parmi les astres éteints.
Et s’il fut donné des yeux pour te voir, des oreilles pour t’entendre, des mains pour te toucher, un nez pour te sentir, une bouche pour te goûter, un cerveau pour te penser,
c’est que le terme de l’évolution porte ton nom qui donna raison à l’humanité : Héllene.
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