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J'ai barbouillé de noir la chaste feuille blanche
Parce qu'elle m'énervait, avec son air de rien,
J'ai fait couler de l'encre, et voilà qu'elle flanche,
Pliée sous la contrainte elle perd ses moyens.
J'ai fait rouler des mots sur sa surface plane
Qui s'en donnent à coeur joie à glisser de partout,
Aux lettres éparpillées, pour le coup de la panne,
J'ai dit qu'elle est trop blanche la feuille pour le coup.
Renversant l'encrier, la fusion est totale,
De l'encre et du papier la magie est parfaite,
De leur amour est né des idées en cavale,
Qui vont s'émanciper et que plus rien n'arrête.
La feuille n'est plus blanche, elle s'est mariée,
Avec tout ça soudain, pour une autre apparence,
Au lunch il y avait l'alphabet à croquer,
Et du jus de stylo pour vous mettre en transe.
Les "h" n'aspiraient qu'à se faire happer,
Et les "r" roulaient dans les coins arrondis,
Les "m" enjambaient les "n" rattrapés,
Tandis que s'exclamaient les "o" à ce qu'on dit.
Et tout ça s'arrangeait en parfaite mesure,
D'un chaos apparent, une entropie maline,
Veillait à promouvoir une harmonie future,
Sur la blancheur noircie de guirlandes câlines.
J'ai barbouillé de mots, du bout de mon stylo,
Un carré de papier, vierge et bien silencieux,
Il prendra le départ, s'envolera tantôt,
Vers toi, et te dira ce qu'il y a de mieux.
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