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La chapelle oubliée
Dans le soleil couchant apparait la chapelle,
Derrière les buissons de ronce et de genêt,
Depuis longtemps déjà, que sa vie est cruelle,
Elle est abandonnée et vouée au secret.
Un sentier malaisé est jalonné d’ornières,
Le portail est ouvert, le trou béant est noir,
Les murs sont lézardés laissant pleurer les pierres,
Le modeste clocher a perdu tout espoir.
La lumière qui filtre éprouve de la peine,
A éclairer la nef de ses pâles rayons,
Les bancs sont vermoulus, ils étaient faits de chêne,
Le sol est bosselé et creusé de sillons.
On aperçoit un Christ habillé de dentelle,
Des toiles d’araignée aux longs fils poussiéreux,
La Vierge et son enfant près d’une cascatelle,
Un Saint-Luc endormi, un Saint-Jean miséreux.
Le chœur porte le deuil du vol de son retable,
L’autel se dresse encor mais sans ses chandeliers,
Un missel consacré git au pied d’une table,
Au milieu d’un fatras de livres séculiers.
Quittez à reculons la chapelle oubliée,
Le temps va effacer ce charmant souvenir,
Elle a été pourtant à l’Histoire liée,
Mais plus rien ne l’attend, que son dernier soupir.
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