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A monsieur Larrieu,(mon Maître en primaire)
Il avait du sud un accent,
Intonation mélodieuse,
Le contraire du précédent,
A la voix un peu rocailleuse.
Sa craie glissait sur le tableau,
Chiffres parfaits, belle écriture,
Il descendait de son bureau,
Pour diriger notre lecture.
C’était un homme souriant,
Pas un mot plus haut que les autres,
Il était même complaisant,
Avec quelques drôles d’apôtres,
Avec lui, le calcul comptait,
Et j’adorais ses cours d’histoire,
Bien souvent il nous racontait,
Des faits ancrés dans sa mémoire.
J’aimais aussi le mercredi,
Il nous enseignait la musique,
Sur sa guitare après-midi,
Il nous jouait du romantique,
Eveillant ma curiosité,
Il m’a fait lire des ouvrages,
D’auteurs de grande qualité,
J’ai dévoré combien de pages,
J’allais le voir dans son jardin,
Il me parlait de la nature,
C’était vraiment quelqu’un de bien,
Son souvenir en moi perdure.
*
Elucubrations
Heureux qui comme Elvis a connu Calypso,
Les trois petits cochons et la fée Mélusine,
Et puis s’est retrouvé seul à Valparaiso,
Perdu sur le chemin menant en Argentine.
Heureux les innocents qui dansent le tango,
En oubliant le feu brûlant chez la voisine,
Pendant que les souris grignotent le broccio,
Dans le port de Bastia sous la brise marine.
Ici mille forfaits ternissent la photo
De Joseph le taxi, mari de ma cousine,
Et le blouson de cuir de l’homme à la moto,
Cache un ventre poilu et un cœur grenadine.
Ô combien de marins voyant San Francisco,
Ont cherché la maison au flanc de la colline,
Combien de capitaines arrivant à Rio,
Ont chanté Y a d’la joie, Prosper et Valentine.
Je fais souvent ce rêve au pied du lavabo,
Etrange et pénétrant dans ton âme câline,
Je deviens Superman, Dracula et Zorro,
Lorsque tu apparais ma tendre Joséphine.
Ô temps suspends ton vol, arrêtons le chrono,
Et chassons ces serpents sifflant dans la courtine,
Allons dès aujourd’hui cueillir le haricot,
Si Capri c’est fini, nous reviendra Aline.
Vincent
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