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Je passe
Bientôt je rentrerai m’asseoir à ma fenêtre,
Je regarderai ces paysages immobiles
Sur lesquels ma vieillesse ira s’échouer,
Sous mon front tant de rumeurs se seront tues
Et les brumes d’hier enfin dissipées
Se seront évanouies, oubliant tous mes remords.
A mon regard j’accrocherai les nuages,
En leur profonde solitude j’écouterai
Les spasmes de ces temps enfouis,
Je serai un instant cet enfant
Joueur dans les rues de l’insouciance,
Et approchant à peine les voix évanouies
Qu’un berceau plein de promesse
Avait entendues au premier jour,
Je me ferai ce voyageur de l’impossible,
Curieux mais résigné dans ma désespérance.
Le temps se sera vêtu de haillons,
Creusant ma mémoire obstinément
Et dans mes mains, comme une errance,
J’irai doucement poser mon front.
Ni haine ni colère à ce caprice du temps,
Je passerai comme le fait le vent.
S’achèveront ainsi les dernières rides
Aux nudités vierges de toute matière.
http://editionsflammesdame.over-blog.com/pages/Poesie_Les_sentiers_melancoliques_Thierry_Demercastel-2712761.html
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