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L'obscurité s'est étendue
Sur la ville, sur la rue,
Sans un bruit, mais dans un silence
Qui parlait de l'attente.
L'haleine chaude de cette soirée
A fini d'anesthésier
La vie qui s'endormait.
Tout est calme, tout s'écoute,
Tout s'éteint dans une douce torpeur
Pour un sommeil de quelques heures.
Très vite, la nuit a été prise d'assaut
Par des souffles aussi bruyants que violents,
Sortis des ténèbres ou de quelques fourreaux,
Déployant leurs forces jusqu'à l' épuisement .
Des grondements rugissants,
Des sifflements persistants,
Des souffles qui enflent et se gonflent
Accélèrent le rythme de la nuit
Qui pourtant n'en finit pas d'être là...
Dehors, les arbres dénudés
Ont entamé une danse macabre
Au son d'une musique endiablée
Se déhanchant, gesticulant,
Se couchant jusqu'à terre
Puis se relevant épuisés
Dans l'étrangeté d'un ballet
Dont la chorégraphie est rythmée
Par les assauts des bourrasques.
Des bruits insolites réveillent cette nuit :
Les battements d'un portail mal fermé,
Les claquements d'un volet mal accroché,
Le grincement d'une charnière mal graissée,
Les sifflements dans la cheminée,
Les hurlements furieux
Qui résonnent entre les maisons de la cité .
Les vents violents
Poursuivent leur acharnement
Tard dans la nuit.
Parfois, le silence s'installe,
On les croit fatigués, épuisés,
Prêts à battre en retraite
Mais dans un dernier excès de furie,
Ils rassemblent leurs forces
Propulsent avec violence
Leurs derniers souffles chargés de haine
Vocifèrent leurs complaintes lugubres
Qui déchirent les dernières heures de la nuit.
Puis, aux premières lueurs du matin,
L'épuisement arrive enfin.
La colère est passée,
Doucement ,le calme revient
Et avec lui, ce même silence,
Cette même torpeur
Qu'aux premières heures de la nuit.
Xynthia
Tempête du 28 février 2010 en sud Vendée.
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