|
Un bâtiment rustique,une étable et sa grange,:
L'autre sur l'une; abris des vaches et du foin.
Au fond,une rigole épandait la vidange,
Le grand pré recevait les bienfaits du purin.
Dans la cour,l'abreuvoir débordait d'eau potable,
Trop court pour y mener boire entier,le troupeau.
On détachait par six,les bêtes à l'étable
Et chacune,à sa soif allait lamper un seau.
Une chaîne,au retour les liait à leur crêche.
Le foin sec du fenil comblait le râtelier.
Une"pierre" de sel y pendait pour leur lèche.
Tout l'hiver,au dedans,:régime hospitalier.
Le vacher,le patron,parfois la ménagère
Sur la selle aux trois pieds,au siège demi-rond,
Pétrissaient les trayons sur le lit de fougère,
Pieds écartés,genoux :étau ,du seau profond.
Pour que monte le lait,plus vite et d'abondance,
Chaque laitière avait sa ration dessert:
Feuilles de frêne ou betteraves en pitance
Et des jets onctueux,fins,giclaient de concert.
Deux pelotons roulés à genoux,foin et paille:
La ration du soir était un double plat,
L'un,entée,avant boire et l'autre,après :ripaille !
On disait des" matous",ronds comme un dos de chat.
Le jeune veau tétait deux tétines à gauche,
Le trayeur ne tirait que la moitié du lait.
Plus grand,le nourisson poursuivait la débauche:
A lus de cent kilos,deux mères,il fallait!
Aujourd'hui,le cheptel hiberne à l'aventure,
Dehors,par tous les temps,toutes les lunaisons.
L'industrie a tué la vieille agriculture;
Comme pour les humains,l'irrespect des raisons!
|