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nous faisons encore partie des vivants
mais pour combien de temps
quand nous fermons les yeux
nous les ouvrons sous d'autres cieux
où la mort en robe de lumière
danse sous les paupières
dans ce jardin intérieur
où l'âme parle aux fleurs
ma mère en tablier
taille le ciel et ses rosiers
mon père s'affaire autour du pressoir
où le raisin s'exhale comme dans un encensoir
ces images enfouies dans notre mémoire
sont notre vrai terroir
elles comblent l'absence
par leur invisible présence
qui trace en nous le secret chemin
de la vie et de ses confins
Françoise Urban-Menninger
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