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Le canal oublié
Oublié à jamais par les lourdes péniches,
Entre ses quais de pierre, un canal se morfond.
Seuls circulent encor quelques bateaux de riches,
La vase se dépose en couches sur le fond.
Son eau comme un miroir, se recouvre d’une ombre,
Dépose sur les bords, un verdâtre feston,
Feuilles et détritus surnagent en grand nombre,
Et viennent se coller aux talus de béton.
Ses écluses d'acier se rouillent de tristesse,
L’éclusier est parti vers un autre horizon,
Le chemin de halage est en pleine détresse,
Envahi du roncier, de l’ortie, du chardon.
Le canal endormi a toujours en mémoire,
Le passage des barges à ras bord de charbon,
Il était vénéré, il a connu la gloire,
Il est abandonné au pays du coron.
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