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Ballade sur une balade
Un jour que je marchais sur les chemins de France
Il me vint à scruter ce que mon pas foulait.
Ce que je vis alors fit ma désespérance,
Il n’y avait partout que la mort aux aguets.
Rien ne riait, rien ne chantait dans les guérets
Mésanges et pinsons n’y pouvaient plus siffler
Tant la campagne est nue sous de mauvais effets
Piétons, si m’en croyez, chez soi mieux vaut rester.
Plaines, monts et plateaux, riches sols d’abondance
Où l’eau vive jadis façonnait les galets
Vergers, prairies, maquis où ma petite enfance
Dans la lande habillée de l’or pur des genêts
Maintes fois a noué de somptueux bouquets
Tout n’était que déserts aux chimistes livrés
Dans l’empoisonnement fétide des nuées
Piétons, si m’en croyez, chez soi mieux vaut rester.
Ainsi notre pays se livrait à l’outrance
Pas un fil de fumée gracieux sur un chalet
Les lacs les étangs suaient la pestilence
On avait tout rasé les arbres et les haies
Les cygnes avaient fui les berges des marais
Et les saules pleureurs à leurs souples lacets
En de vaines langueurs jouissaient des noyés
Piétons si m’en croyez chez soi mieux vaut rester
Pauvres frères humains qui après nous serez
Il vous faudra vertu mérite et compétence
Pour redonner au sol plaisir et jouissance
Que nous sommes ici en train las d’épuiser
Piétons si m’en croyez chez soi mieux vaut rester
SMR
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