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Heureux le loup !
Heureux le loup repu, allongeant sa bedaine,
Dans un lit de genêts, au bord de la fontaine ;
Il compte les moutons qu’il a déjà mangés,
Et les pauvres agneaux promptement égorgés.
Il songe à l’avenir, sa pensée est légère,
Pour un prochain diner, il veut une bergère,
La fille du hameau au corps appétissant,
Un repas de gala, menu réjouissant.
Il va se régaler, il salive d’avance,
La belle a des attraits, excellente pitance,
Et il se voit déjà du soir jusqu’au matin,
Jouir de ce bonheur d’un sublime festin.
Et pendant que le loup rêve à faire ripaille,
Arrive le fermier qui soudain le mitraille,
Adieu tendres agneaux, délicieux moutons,
Fin de cet animal aux appétits gloutons.
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