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Un parc public
l’hiver
«Avez-vous connu ces jours où l’enfance remplissait le parc ?»
m’a demandé le banc mouillé
«l’enfance avec tous ses plaisirs
tous ses jeux tous ses cris se brisant en mille éclats de rire
sous les pattes des arbres aux pubescences tendres ?
Et les mots maternels les mêmes depuis toujours
"reste tout près de moi mon chéri ne te salis pas trop"
avaient la douceur d’une balade de Doisneau
quand battait le cœur du printemps
sous sa peau blanche et bleue
et les feuilles par moment se froissaient
ô sœurs musiciennes du souffle caresse de ciel
les feuilles frissonnaient sous des doigts de lumière
faut-il qu’il m’en souvienne ?
Tout est fini maintenant
et je reste seul
seul sous le ciel gris crevé de bras d’arthrose
et du vol noir d’impudentes corneilles
et je pleure que revienne
le printemps et son cortège vert»
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