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Je vous parle de ce temps
C’était celui des vingt ans
Fallait donner pour la patrie
Un petit bout de sa vie .
C’était pas rue du chagrin
Ni même sur les quais de PARIS
Mais sur le mur de BERLIN
Que j’ai dû m’habiller en kaki..
Je n’avais rien demandé .
Je n’étais pas engagé .
J’étais là par hasard
Sous le mur de l’histoire .
BERLIN ,c’était alors une île
Et pendant un an mon exil
Car les rouges encerclaient
Et les Vopos nous saluaient .
Parfois sous les barbelés
Des fleurs entremêlées
S’accrochaient aux croix
Des gens tombés là .
Je rigolais et faisais des grimaces
J’étais triste de cette sombre menace .
Et je fuyais en U-bahn
Le sourire en panne.
Je descendais le KUFURSTENDAM
Pour finir par croiser le pavé et ses dames
Et je flânais sous les toits
Dans mon cœur il faisait froid .
Parfois je longeais ce mur
Et les champs de mines ,
Serrant mon fusil
Comme un talisman futile .
Je voulais tirer dans le ciel
Pour dire arrêter !
Qu’il fallait cesser
tous les gens ils aiment le soleil !
Et j’avais vingt ans sur le mur de BERLIN
Ce n’est pas si loin
Avant la fin de ceux de l’est
Le mur il est tombé sur l’ouest .
Il restait juste ce salaud de NAZI
Enfermé tout confort à la prison de SPANDAU
Il était bien , il nous disait des gros mots
Il a crevé tous seul dans son lit …
Et moi je passais le temps
A regarder les saisons et la ville .
BERLIN avait un parfum de vanille.
Sur le mur, je dansais comme on danse à vingt ans .
« Ick bin ein Berliner“ disait Kennedy
mais il n’a pas connu la mélancolie
des dimanches ensoleillés
à l’ombre des croix ensanglantés .
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