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Je descendais la rue de la gare
Celle qui va vers le phare .
J’en avais un peu marre …
Du vent , de l’eau , du retard.
Il n y a plus de gare .
Elle est partie avec le dernier train .
C’est une journée sans demain .
A la place, de la poussière ,des cafards..
Et les vieux promènent les chiens .
Les uns crachent avec entrain ,
Les autres pissent leurs urines .
Il ne sonne plus le glas des usines .
Les plus jeunes surfent sur les skates
Ils espèrent s’enfuir comme poètes
Mais ils restent sur le sol
Pour regarder les oiseaux en vol.
J’en avais un peu marre
De cette rue de la gare .
D’une gare sans train ,
De trains sans lendemain .
Et je suivais ma pente
Le long des sentes
Un à un des troquets
Servent le blanc, le café.
Pour des fantômes d’occident
Qui récitent des vieux gréements.
Sous la rue de la gare
Il y a le port qui s’égare.
C’est un port avec des bateaux
Qui restent posés sur l’eau
Pendant que sur la rive au loin
Les marins attendent le train …
J’en rêve avec eux
Sur le pont des malheureux
De ces fantômes de fer blanc
Des wagons vers l’Orient .
Un jour , je sais qu’il viendra
Ce train sera juste pour moi
Pour partir vers autrefois
Dans les vagues bleus de la-bas .
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