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Je courais vers l’eau pieds nus
Je pensais à une ingénue
Elle me tendait le cou
J’ai tranché le tout.
Je l’ai haché menu
A coup de mots et de vertus
Pour en faire des diamants
Puis éparpiller les fragments .
Je sème à tout vent
Les pierres de cette enfant .
Pour créer des jardins de Babylone
En me disant « elle est bonne ».
Vous ne pourrez cueillir les fruits
Car je mange là aussi
Des oranges , des pamplemousses
des mangues et des bananes douces .
Crève, chien de psychiatre !
Si tu veux en découdre
Vieux barbu acariâtre
Il n’y a pas de grains à moudre .
Dans mes dessins .
Dans mes rêves de seins .
Dans mes desseins .
Dans les peurs des siens .
Vogue l’eau de mes envies
Dans les rêves de la nuit
Je parcours tous les pays
Dans mes voyages d’insomnie.
Mais je crève mieux éveillé
Les yeux exorbités
Avec une pointe de sang
Sur le bout des dents .
Je ne suis pas un vampire ,
Triste zombie de cire ,
Juste un homme mort debout
Bravant le vent des fous .
L’eau m’éveille au fond .
Il faut remonter, c’est bon ;
Perdre un peu de solitude
Pour souffrir d’ingratitude .
Et l’ingénue elle va renaître
Dans mes rêves de maître
Chaque jour ,chaque nuit ,
Dans mon esprit elle vit .
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