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C’est une étrange contrée
Pleine de pleins et de déliés
Les montagnes d’Armorique
Y cognent une mer colérique .
Ils descendent des monts D’Arrés
Avec la brume et les ajoncs ..
Ils déchargeaient les sardiniers
Trimant au son du violon .
Du granit et de la terre ,
Ils sont absurdes et fiers .
Têtes dans les étoiles ,
Pieds sur la voile .
L’eau, la pierre signent leurs croix .
Ils partaient alors mourir par choix .
Certains vivaient dans d’autres lieux
Pour y rester parfois très vieux..
Mais dans le cœur de tous
Sonnaient une musique douce .
Des airs lents et tragiques
Des mots mélancoliques .
Ils ont connu leurs frères d’Erin
Sur les cotes de leurs rapines .
Pour se comprendre, ils bredouillaient
Des chants d’amour, ils se chantaient .
C’est le malheur qui a poussé ,
Sur les routes , ces émigrés .
Avec l’aide des vents de l’Ouest ,
Toujours plus loin pour fuir la peste .
Pirates parfois pour le désir ,
Ils tuaient sans grand plaisir .
Toujours aux sons des violons
Et des bombardes de mille façons.
Bruns , roux , et blonds
Yeux bleus, noirs ou ronds
Ils rêvent tous les mêmes couleurs ,
Des cheveux d’or de leur bonheur.
Jours ,et Soirs après soirs
Les ans transmettent leurs espoirs
De retrouver leurs ombres fiancées ,
Marie , Katel ou Guénolé.
Elles brodent alors leurs pensées ,
Sur des mouchoirs à pleurer ,
Des larmes d’hommes au goût salé
Comme le mer de ces contrées .
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