LES GUERRES PUDIQUES

 

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Mort de froid

le dimanche 04 avril 2010, à 11:31. Posté par Axel DORLHYGNAC


    MORT DE FROID

    Sur les marches de l’escalier une dormance millésimée le diagnostic est entrain de se fixer
    Le laticlave est bien court, les gants troués du velours et les doigts glacés sont de pourpre…
    Les anges se sont barrés par la bouche d’égout, cette lumière que j’avais dans le cœur aussi…
    L’oasis est fermé le bar de chez Dédé et même la soupe populaire, ma femme et mes gosses…
    Tout le monde m’a oublié, je ne suis pas né pour gagner, mort de froid, mon éventualité…

    Le chemin est cul de sac, pour moi et bien d’autres et ce grabuge du produit intérieur brut…
    On n’a même plus les os, la peau et le cerveau, pauvres idiots sous vos costumes chauds…
    Il est si facile de changer de trottoir quand on n’a plus le temps de s’apercevoir, s’émouvoir…
    Parce que chez soi aussi il fait glacial, personne ne trouvera le Graal, cette lignée ancestrale…
    Peut-être juste l’Oural ou le fameux bal des masqués dictateurs et des réfugiés délateurs…

    En attendant je vois ma vie défilée, mort de froid, ma seule certitude et l’inertie absolue…
    Même mon ombre tremble un rien, peu lui en faut pour me suivre, me rendre susceptible…
    Dans mes écarts s’échappent les soupapes de vos voitures à air-conditionné, cette vitesse…
    Enjoliveurs chromés et sièges passagers en cuir, moi jadis en bas de l’escalier je sanglotai…
    Pour toi, pour vous, pour de la propreté dans nos consciences, mort de froid, de quel droit…

    Tout s’estompe, mon nez en forme de trompe est fendu, Dieu que j’ai soif dans ma misère…
    Pas de thé, pas de café, juste de quoi faire le guet, effacer quelques heures mon infortune…
    La léthargie du monde, le moule inapproprié dans lequel on est plongé et moi en premier…
    Dans ma veule intimité, mort de froid, les lèvres brûlées, le tympan crevé par une acidité…
    Ma seule revanche est un couplet et une méchanceté non dissimulée, mon abbé à jamais…

    Suis-je né vampire voire même pire, principal suspect fatigué, l’étoile de mon berger agace…
    Ma révérence est une reconnaissance, l’abstinence une vérité conséquente, une sincérité…
    La rampe et le réverbère qui me sert de lampe, pour l’instant je divague sans un charme…
    Immobile, on me tire à vue, dévêtu, saugrenu interplanétaire j’ai besoin d’un bock, un levier
    Dégusté comme un va-nu-pieds, une mousse avec secousses, un récipient qui me comprend…

    La dragée de Satan à Ménilmontant et les gays dans le Marais et le marbre à Montmartre…
    Je suis en apnée, acteur de ma virginité, mort de froid, cette actrice sur le mur semble émue…
    Et dans cette maudite rue, je m’urine dessus pour me réchauffer, me soulager de tout ici…
    Rien n’y fait je suis écœuré, je suis et j’ai aussi envie de taper celui qui viendrait m’aider…
    A me redresser, à décider de la chaleur, je ne suis plus seul à targuer les mérites de l’Un…

    Une ambulance, trop tard, mort de froid, sur l’escalier mortuaire ce parchemin de lutin…
    Ici gît l’ami des sans-abris, pas de corps, une cape en forme de note, le cloporte et l’aorte…
    Je suis parti en fulminant mes bienfaiteurs, mort de froid, j’ai accompli des prouesses et…
    Si ma respiration s’est emparée du vide, ce n’est pour mieux expirer dans vos bras trompés…
    Inutile de revenir en arrière, le froid m’en empêche, je pars à la pêche chez les aztèques…

    La vie s’acharne, elle me détruit lorsque j’en vois un qui ne dort dans son lit, qui s’enfuit…
    A l’orée du bois des travestis, alléger son poids, simuler sa mort et batifoler dans l’artifice…
    Gouverner l’exil, monsieur veut une île, une lutte intestine, un luth et un but bien farfelu…
    Des hordes pour se rendre, le droit de se tendre, la dérive est séide et le sang grabataire…
    En nocturne s’inscrit le choix du miroir, le pouvoir ou la balançoire et le temps infime…
    Heureusement il y a Toi, mort de froid et puis moi dans les arbres, un peu Lui, gouvernail…

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