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Le pays de ma petite enfance
Coule sur ce flanc-ci des Pyrénées
Il a été mon berceau ma chance
M’a recueilli moi fils de Portugais
Avec l’Adour pour naturel confin
Ce pays a pour sûr ami l’océan
Il s’habille tour à tour de sable fin
De falaises aux criques de galets blancs
Aux heures turbulentes de l’hiver
Qui poussent leurs grains coutumiers
Au macareux moine la côte est entière
Et aux vols de l’hirondelle des rochers
Séchant ses pieds de marnes bleues
Ce pays s’en va siffler le chant de la mer
Aux sommets ronds aux plateaux herbeux
Où paît le libre mouton blanc sans bergère
Son souffle pénètre le cœur des villages
Où des chapelets pourpre en guise de corail
Sèchent selon l’usage sur les colombages
Tissant aux murs blancs un rouge chandail
C’est un pays fort aux racines anciennes
Jaloux de sa culture et de son identité
De sa langue à la mystérieuse haleine
Qu’en assauts l’Histoire a pu malmener
J’en ai appris à l’école quelques rudiments
Tandis que je frappais des balles à main nue
Au fronton de la cour parmi les hurlements
Son langage en débris a épicé mon vécu
Dans les cantiques d’églises l’Euskara* frissonne
La même émotion au milieu d’un simple repas
Quand les convives un tour de chant entonnent
La voix de ce Peuple je vous le dis est éclat
Voilà pourquoi j’habite les Landes proches
A son ombre je reste viscéralement agrafé
Et comme un trésor je garde en ma sacoche
Un morceau du Pays au pied des Pyrénées
Zé
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