La nécessité d'une île

 

Mes poèmes - Livre d'or - Liens - Moi

 

Un moment parfait

le samedi 10 avril 2010, à 15:52. Posté par Patrice


    Un texte (très) légèrement modifié.
    Merci à tous ceux dont j'ai effacé le commentaire. Soutine avait pour habitude de déchirer ses toiles.


    Un moment parfait

    Sur le bord d'un chemin
    où des hêtres frissonnent
    reflets sonores éclaboussés
    dans la lumière
    et ses piqûres d'oiseaux éparpillées
    je découvre
    s'achevant sur les feuilles
    le destin d’un pigeon
    infime part divine
    aux confins du néant

    Fasciné
    je me suspends alors
    à sa faible chaleur
    au trou noir de son oeil aspirant l'univers
    à l'affût de l'instant où
    sa vie insignifiante
    sans bruit
    dans le secret des arbres
    dans l'attente des mouches
    va s’éteindre

    La nature se tend jusqu'au vacarme puis
    quand son oeil rond se vide
    silence
    la lumière se tait

    et je bois l'univers

<< Retour aux poèmes

 

commentaires ( 9 ) (Ajouter un commentaire)
Loïc le dimanche 11 avril 2010, à 01:06
Jusqu'ici, la ville était un terrain d'expériences où se fissurait le décor -- et c'est au milieu de la nature qu'a lieu LA mémorable rencontre avec la mort? Sans doute parce qu'elle est plus incongrue au milieu du foisonnement de la vie que, mettons,dans l'oeil d'un rat dans un caniveau pollué.
Il y a comme un parfum de vampirisme dans celui-ci. Je ne parle pas seulement de "je bois l'univers", mais le fait que l'oeil du pigeon fasse auparavant de même, "aspire l'univers", indique la passation. Après tout, puisqu'on ne peut pas vivre sa mort...
Un philosophe (j'ai oublié qui) disait en gros: "Le monde n'existe que grâce à nous. Si nous cessons d'exister, il cesse d'exister tout entier."
Tu es tombé dans le trou noir du pigeon plus que tu ne l'as étudié, apparemment.

Loïc le dimanche 11 avril 2010, à 01:18
Rectification sur ma dernièr phrase: "autant que". Je n'étais pas à la balance ce jour-là.

patrice le dimanche 11 avril 2010, à 11:25
Des rencontres mémorables avec la mort "physique", j'en ai eu bcp, j'ai bossé dans les pompes funèbres (conseiller funéraire et maître de cérémonie, et même porteur de cercueils, bien avant), c'est pour dire... Oui, le vampirisme, j'ai avalé ses dernières gouttes de vie et avec lui l'univers qui se concentrait dans son oeil. Cet instant où la vie quitte un corps me fascine.
J'aime bien la citation du philosophe inconnu.----
http://www.mespoemes.net/patrice

Loïc le dimanche 11 avril 2010, à 17:31
En fait, j'aurai pu concentrer ma dernière réflexion en le classique de N: "Quand tu regardes dans l'abîme....."

cauria le dimanche 11 avril 2010, à 17:52
----Un très beau texte ! Amitiés. Thierry
http://www.mespoemes.net/cauria

voicileure le lundi 12 avril 2010, à 06:48
----J'ai aimé moi aussi, j'ai simplement heurté sur "ses piqûres" me demandant s'il ne s'agissait pas de "ces" piqûres d'oiseaux éparpillées (piqûres ?) Pardon, je me permets de vous donner mon avis...
Mais cet arrêt sur la vie qui s'enfuit dans l'oeil de l'oiseau... Cette tristesse contenue... cette réflexion et la chute... "La lumière se tait" ! C'est beau !
http://www.mespoemes.net/voicileure

patrice le lundi 12 avril 2010, à 22:20
Pour voicileure : aucun problème, bien au contraire, c'est aussi la critique que j'attends, et en particulier sur les images, savoir si elles "sautent au visage" du lecteur m'importe. Donc merci. Et je vais répondre : pour ce qui est du "ses", il n'y a pas de faute, puisqu'il s'agit des piqûres de la lumière.
Pourquoi "piqûres d'oiseaux" ? Cette métaphore me semblait plutôt réussie, n'avez vous pas l'impression que les cris des oiseaux sont comme des piqûres faites à la lumière, lors d'une journée de printemps ? L'adjectif éparpillé m'a posé quelques problèmes. Le mot le plus juste aurait été "disséminé", seulement voilà, les mots ont aussi une couleur, et celle du premier me rappelait le printemps et sa douceur.----
http://www.mespoemes.net/patrice

avenance le dimanche 23 mai 2010, à 21:36
Très beau poème:brusque irruption du néant au sein-même du foisonnement de la vie,regard figé
par l'irreprésentable,silence soudain de la lumière dans la nuit de la mort,fascination par la métamorphose de la Présence en Rien,incorporation finale de l'univers et de sa double Loi dans l'ivresse et l'acceptation,dans le consentement.Ai-je bien interprété le sens du poème?
PS.Le geste final serait-il une réminiscence du calice de la cène et de la promesse de régénération?
PS2.Merci pour ton commentaire:tu as bien vu le sens nietzchéen de la dernière strophe mais l'essentiel du texte est d'inspiration heideggérienne:la liberté comme libération à l'existence pour la mort,la liberté comme errance,comme exposition à l'énigme et à la puissance silencieuse de l'Etre,comme épreuve de la finitude et de la temporalité indépassables.A bientôt;Avenance.PS3.Oui la collusion des deux espérances est voulue mais peut-être maladroite!

vwjzng le lundi 10 octobre 2011, à 17:42
LjqcCC <a href="http://pqlnntqswucs.com/">pqlnntqswucs</a>, [url=http://czvquwdhtgsw.com/]czvquwdhtgsw[/url], [link=http://eznkhhpurdoh.com/]eznkhhpurdoh[/link], http://nkvlnltskojl.com/

Ajouter un commentaire à ce poème en tant que :

Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour poster un commentaire.

 

 

Mes poèmes - Livre d'or - Liens - Moi

 

Hébergé gracieusement par MesPoemes.net - Créer un site internet