|
J’arpente lentement .
Je veux retenir mon souffle ,
Marcher sur des moufles ,
Scruter les bords du vent .
Toujours et puis toujours ,
J’enrage d’être trop court .
C’est le temps qui va et vient
Il fuit et puis c’est du rien .
La roue du monde tourne sans pitié
Pour les insectes et les âmes éplorées ,
Ni les veuves , ni les orphelins ,
Ne regardent le soleil du destin .
L’indifférence n’est pas gratuite
Elle est juste une grosse fuite ..
Pardonnez mon offense ,
Mais je suis sans défense .
Je cherche à clamer le monde ,
Trouver une mesure féconde .
C’est pour cela me dit le roi
Que tu vas mourir avec fracas .
Les longs couchers du soleil
Sur les vagues de terre du réveil ,
Les fleurs du mal résonnent,
Il fait nuit quand elles carillonnent .
Sombres jours de lumières ,
J’aime mieux les embruns de la mer
Les longs sanglots des larmes de pluie
Sur les traces de mes foutus amis .
C’est l’horreur souvent .
C’est le malheur du temps
Des secondes-minutes qui s’égrènent
Des fleurs fanées qui s’engrainent .
Il est roué sur le pilori
L’ange des monstres gentils .
Pas de pitié pour les heureux
Il faut être cruels et courageux..
Ce monde ne vaut que par vous autres
Princes des mers ,
Rois des hémisphères
Ce monde il est un peu le votre .
Gens de rien et de peu ,
Parti des malheureux ,
Des donneurs de vents ,
Des sonneurs de temps .
C’est le monde selon GARP
Et c’est une bouffée de harpe
Patrie des hommes blessés
Et des amants mal aimés .
|