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Restanqes et Bancaous
Le dos courbé sur la pierraille
nos ancêtres à grand effort
ont bâti ces rudes murailles
comme on accumule un trésor.
Calades et blanches corniches
lecques de bout ou bien de chant
escaliers, tourelles et niches
que dore le soleil couchant
Terrasses à battre l'avoine
grandes bories au toit ventru
comme des capuches de moine
mares dont l'eau a disparu
Soleil, labeur, maigre pitance
la roche de calcaire blanc
ne donnait qu'avec réticence
de quoi élever les enfants
La chèvre broutait les garrigues,
chichement quelques filets d'eau
nourrissaient lentilles et figues
que l'âne emportait sur son dos
Et puis ce fut la Grande Guerre
Trop de morts, de privations
firent abandonner la terre
pour la ville et ses tentations
Et maintenant le vent, la glace
flétrissent les vieux oliviers
Le buisson de messugue enlace
Les souches mortes d' amandiers !
Mais bien longtemps, vieilles restanques
vous dresserez à contre jour
entre nos rocs et nos calanques
comme un grand escalier d'amour.
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