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Un long chagrin de pluie embrume le vitrage,
Des gouttes de tristesse éclaboussent mon coeur.
Sur les trottoirs mouillés d'une grise liqueur
Glissent, le dos courbé, des ombres d'un autre âge.
Dans son emportement, le ciel nous fait outrage,
Répand son amertume en vagues de moiteur,
Sur les toits de la ville épanche sa lourdeur
Et déchire en lambeaux ses oripeaux d'orage.
Un torrent rédempteur dévale les chemins
Emportant avec lui tous les déchets humains
Quand sur un arbre mort vient s'abattre la foudre.
Face à cette fureur, l'Homme assiste impuissant
Et comprend - car il sait qu'il n'est pas innocent -
Que de tous ses péchés, Dieu ne voudra l'absoudre.
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Note: ce sont les deux premiers vers de ce sonnet qui sont utilisés pour la réalisation de Fatras I
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