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Il m'arrive parfois, lorsque le soir descend,
A la fin d'un combat, encor couvert de sang,
De perdre brusquement ma hargne et mon courage,
Je ne sens plus alors ni bravoure, ni rage.
Arrêter de braver tous ces moulins à vent,
Redevenir agneau, paisible comme avant,
Ne fut-ce qu’un instant pouvoir poser les armes,
Vivre tranquillement, ne plus verser de larmes,
Connaître enfin la paix d’un foyer chaleureux,
Redevenir enfant, n'être plus valeureux
Oublier pour un temps quelle est ma destinée
Et vivre en ma chaumière auprès de Dulcinée.
Lui tenir chaque jour d'agréables propos
Et mettre dans un pré Rossinante au repos.
Mon désir n’est-il donc qu'espérance vulgaire ?
Un délire insensé que l’on n’accomplit guère ?
Ô toi mon âme sœur, sauras-tu, tendrement,
Par mille voluptés, apaiser mon tourment ?
Pourras-tu de mon coeur ôter les flétrissures
Et de mon corps blessé panser les meurtrissures ?
Voudras-tu consoler un pauvre spadassin
En laissant reposer ma tête sur ton sein ?
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