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Il m’arrive parfois, au creux des lassitudes,
De suivre ce sentier qui hier était mien,
D’y retrouver mes pas, mes veilles habitudes,
Et ce rêve endormi au parfum bohémien.
Je reste là, un peu, au sillon d’une image,
À rechercher le sens d’un horizon voilé,
Le soupçon d’un désir tel un posthume hommage
Ou les tendres couleurs d’un soupir dévoilé.
Un regard m'y poursuit comme fruit défendu,
Prisonnier du passé à la froide arrogance
Qui ignore la femme, au souvenir pendu,
Dans l’espoir de vêtir un reste d’élégance.
Mais bien vaine est ma quête en ce pays maudit.
Hélas, ce qui n’est plus ne nourrit que l’histoire
Car plus rien ne frémit en l’hiver interdit,
Si ce n’est le vent froid que souffle ma mémoire.
Et ta voix me rappelle à la simple évidence
D’un présent à construire en ses paris humains,
Quand il n’est d’autre lieu, plus riche ni plus dense,
Que l’instant qui s’invente et se crée en nos mains.
15 Mai 2010
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