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Ô perfide ennemi ! Déserte donc mon cœur,
Ajournant ton emprise à quelque autre rancœur !
Pourquoi, juste l’instant d’arracher de l’attelle
Ces tristes souvenirs de regrets acharnés,
Ne laisses-tu l’oubli dénoncer la tutelle
De ces âpres tourments dans mon âme incarnés ?
Despote, me veux-tu régenté volontaire
Dans ces murs angoissés d’un monde solitaire,
Trainassant la lenteur de mes pas hésitants
Sur les pavés boiteux de ma vie éperdue,
Tel l’esprit repenti, banni des pénitents,
Expiant les écarts d’une raison indue ?
Est-ce là le destin que pour moi tu choisis,
M’accablant de regrets quand je me dessaisis
Des ricochets d’amour trahi par lassitude,
Quand, bourré du mépris de ce chagrin trop fier
Je parviens à tromper l’éternelle habitude,
Qui ennuie au présent les promesses d’hier ?
Me veux-tu infamant sans espoir de clémence,
Acculé sans répit au désir de vengeance,
Proclamé le judas des serments de l’anneau,
Pour avoir oublié, trompant la confiance
Qu’amour et illusion, dans le même fourneau
Doivent se consumer pour figer l’alliance ?
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