|
Il me plait d’observer le silencieux rapace,
Comme posé sur l’air, dans un lent tournoiement,
Qu’on le croirait tenu par un long filament
Jeté du pont des cieux, accroché dans l’espace.
De son ombre légère il survole le monde
Où d’humaines fourmis s’agitent sans répit.
Loin de tout ce tapage où l’âme décrépit,
Il bâtit son royaume en une large ronde.
D’une noble paresse il se laisse porter
Par des vents alliés sur lesquels il transhume
Et devient fils d’Eole au secret d'une plume,
Avec pour seul devoir, un rêve à escorter.
Puis se fait une mer de vagues de nuages
Où il flotte tranquille en frêle embarcation,
Quand l’appel du grand large est sa destination,
Il revêt le destin des puissants équipages.
Et là, où l’horizon en compagnon loyal,
Signe sa liberté au parfum d’aventure,
Dans le soleil couchant se mire l’envergure,
Du majestueux vol de cet oiseau royal.
31/5/2010
|