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Dans toutes ces furies d'hiver, où hurle le noroît
Celui qui porte les naissances, aussi bien que les morts
Il y a le temps d'ici, qui mouille tout en dehors
Et la bonne bière qui noie les soucis, en dedans.
L'âme des vieux mineurs plane sur mes corons,
Je l'ai vu ce matin, au bout de l'aile du pinson.
Puis elle redescend le soir sur les pavés des courées,
Où tant d'enfants comme moi, jadis y couraient.
Je vois encore tous ces hommes, des voisins, mon père
Des gens de grand courage, c'était avant, c'était hier.
Dans ces années d'après guerre, où tant d'usines fumaient
Avant que le Dieu profit se mette à tout vouloir dé-localiser.
Les hommes étaient bien fier en touchant la quinzaine
Serrant les billets gagnés à leur sueur, à leur peine.
Ils n'étaient pas regardant pour faire toujours des heures
Vu que sur le bon pain, ça y mettait un peu de beurre.
Ils savaient remiser profondement leur haine
Dans des doublures secrètes de leur fier esprit.
Fulminant contre ces gros " culs ", qui, là-bas à Paris
Se jouaient d'eux, mais il en connaissaient la rengaine.
De grèves sévères en privations ils glanèrent
Car les hommes d'ici aiment encore bien glaner!
Mais à cette époque cela s'appelait " acquis sociaux".
Repos dominical, congés payés, droits nouveaux.
Et les hommes d'ici, de nouveau s'énervent, fulminent!
Contre ces outres à fric qui s'en foutent pas mal,les ruinent.
Ils auront du mal, les hommes d'ici à dire" Bonne Année"!
Parce qu'on dé localise, prenant leur travail et leur fierté.
Patrick
http://www.mespoemes.net/sites/index.php?login=rimailleur

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