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Un jour, ils comprendront que nous n’avions rien d’autre
Qu’une troublante humanité.
Certes, nous n’avions pas la barbe des apôtres :
Ils ne nous ont pas écoutés.
J’entrerai dans la cour par la petite porte
Et le monde refermera
Les lourds vantaux d’acier sur les délices mortes
Et sur les amours d’autrefois.
Un jour, ils comprendront que la vie est un leurre
Pour piéger le faible et le sot
Et le mener là-bas où la bête demeure,
Immonde sous ses oripeaux.
Je prendrai dans mes bras l’immensité profonde
Du dernier instant à venir.
Pour la première fois je sortirai de l’onde
Sans avoir à y revenir.
Ayez pitié de moi, créatures des songes,
Je renais à votre univers.
Je renonce à jamais aux rassurants mensonges
Et à la futile colère.
Ils comprendront un jour que leurs dures paroles
N’ont eu en nous qu’un pâle écho
Et que même à genoux, nos mains touchant le sol,
Nous méprisions tous les drapeaux.
Peu importe à présent le poison qui nous blesse,
Il n’affecte que notre corps.
Je me veux sans blason si telle est la noblesse
Et faible, si c’est être fort.
Aquaura
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