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Entendre simplement, tant que dure l'instant,
L'infime et dérisoire murmure qu'on suppose
Et pleurer, s'il le faut, du chagrin qu'il dépose
Ou rire sans ambages en quelque joie d'enfant.
Entendre ce qui porte un présent trop volage
En zeste de folie ou en mode d'ennui
A n'avoir pour mémoire que les choses enfuies
Ou d'avenir rêvé que d'incertains mirages.
Entendre l'imparfait des gestes qu'on proclame,
Qu'il s'agisse d'aimer la belle convoitée
Ou d'être son élu, tel un preux chevalier,
Et d'une idée de femme, égarer le sésame.
Entendre, s'il est temps, l'érosion infernale
Qui signe d'un destin la déchéance infâme
Flétrissant tour à tour le corps, le cœur et l'âme,
A l'écoute dévouée de la mort qu'elle exhale.
Entendre à pleine fin des heures qui s'achèvent
Le silence bruyant des abandons coupables
Et quand l'on se verra si seul et misérable
A l'orée d'un néant que la peur parachève
L'on priera pour qu'enfin nous transperce le glaive….
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