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Les cailloux nagent
Depuis l’adieu, réfractaire,
s’allume au front
le pont statique des ricochets
Être du bond
La solitude est toujours l’épouse de quelqu’un
La fenêtre qui te regarde passer, passante
à ton temps perdu
tient éveillée
l’image et son silence
l’une et l’autre
dans l’ombre de la présence
égorgent à blanc
une luxure de calendes
A la porte Nord
très cher morfondu
mes crayons ont des ailes pour voir de prés ;
L’eau et le bleu décapités
se sont battus furieusement dans ta beauté
Qu’y puis-je
suppurante métamorphose
à travers le tiède du miroir aux lassitudes
Les cailloux nagent
L’absurde ;
Assis, face au seuil creusé dans le vigile de pierre
piteusement enchaîné à la minute
Il n’est pas d’autre présent d’iode
que cette patience papillaire
Deuil d’une minute ;
le bougainvillier s’élance
glissant dans le creux des pierres vieilles
les doigts serrés de lianes jaseuses
il explose
chandelles fileuses jusqu’aux volets d’Urbani
Les cailloux nagent
Obèse, la vieille ville, s’éventre
les fauves accourent avec leur amas de lumière roussie
orgie incendiaire d’une saison comestible
dans les restes vifs
sa peau suante encore
coule le long des pavés
seule
j’habite l’épine ils m’ont tous mangés
Petit message spectral
petit fantôme de moi
petite cambrure d’île
petit jeu de ma soif
m’agrippant au corail de moi-même
virgule de mes reins
oubliette serpentaire de ma chair
entrailles de ma salive stérile
j’ai beau retrousser la douleur, mon fils,
je ne possède
qu’un petit corps à corps
Les cailloux nagent
sans précaution
avec leurs petites paupières claires
pépiant au milieu de l’indifférence
z.
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