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Tu es
Ce qu’on n’est pas sauf à s’exagérer
Et tout ce qu’on espère sans même le penser
Qu’on devinait enfant dans l’épure du vent
Le lavis des nuages ou la caresse des arbres
Ensuite on grandit
Et grandir c’est ne plus croire
Tu es
Le nord du voyageur
Et puis l’or du chercheur
Le vert de Véronèse
Et la folie d’Artaud
Tu es ce qui me peuple
Depuis que je suis né
Les bronzes de Rodin
Les soupirs de Mozart
La voix feutrée des fleuves qu’assassine le brouillard
Le dessin délicat des montagnes que bredouille un soleil
Et la grande forêt brune où s’ébattent des bêtes
Et tant et tant
D’autres manières encore
De vivre ou de rêver
La vie
21 juin 2010
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