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La femme assise là sur le banc d'une gare
surveille son gamin de peur qu'il ne s'égare.
L'enfant ne me voit pas derrière mon pilier,
j'ai quand même un journal que je peux déplier.
La belle va monter, prépare ses bagages,
je voudrais lui parler dans son propre langage,
je connais son trajet depuis Rome à Milan,
j'ai l'impression parfois que ça fait dix mille ans.
Je me souviens du temps où nous étions complices,
la laisser s'échapper fut comme un vrai supplice,
dans son ventre arrondi elle portait notre enfant
mais elle ne voulait plus vivre un monde étouffant.
je n'ai jamais voulu qu'elle soit opprimée,
en maîtresse soumise, amante déprimée
mais aimer c'est aussi laisser l'autre partir
même si l'on détruit ce qu'on vient de batir.
Revenant tous les jours, là j'attends qu'elle arrive
et je sais désormais conjuguer la dérive
je ressemble aux clochards couchés là sur le quai
ils connurent mes pleurs quand souvent je craquais
9x9
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