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Enfanté par la douce terre,
Fruit du soleil et de l’eau,
Le petit être sorti un matin,
A la fraîcheur de la rosée.
Il déploya lentement son corps,
Caressé par le vent du Nord.
Puis il ouvrit ses yeux, émerveillés,
Au milieu de son visage sans teint.
Que le monde lui semblait beau
Lui nu comme un ver.
Dans une longue expiration,
Il poussa le cri de la délivrance.
Liberté trop longtemps retenue,
Moment si souvent espéré…
Le ciel, de gros nuages, chargé,
Annonçait de la pluie sa venue.
C’était véritablement une chance
De sortir de la privation.
Dans une atmosphère étouffante,
La créature écarta ses membres
Pour mieux goûter à ce divin cadeau,
Laissa les gouttes ruisseler sur sa peau.
Mère terre, aride sous les cendres
Aspira l’eau de ses bouches béantes.
Il ne resta bientôt plus que le souvenir
De l’élément de vie, disparu au loin.
C’est alors qu’il ressenti cette pulsion,
Besoin irrésistible de puiser dans le sol
Et de sucer les précieux minéraux :
La montée ne s’arrêta qu’en haut,
Quand elle eu atteint sa tête molle.
Premier repas pris en communion,
Les nombreux pieds enracinés avec soin.
Un seul mot d’ordre : vivre & tenir
Tel sera l’avenir de l’homme
Si nous n’y prenons pas garde.
Contraint à sucer des pierres,
A chercher la dernière feuille,
A moins que tu ne veuilles
Toi aussi combattre pour la terre.
Dépêchons nous car il tarde
De préservez le monde où nous sommes.
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