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Il était une fois un vert pâturage
Perché dans les hauts alpages.
Le troupeau de chèvres y broutait tout l’été
Gardé par Medor le fidèle chien de berger.
Son maître quelque peu usé par le temps
Se reposait sur son jeune compagnon
Docile, vif et rapide comme le vent.
L’ancien égrenait doucement une chanson,
Perdu dans ses pensées, pour rompre la solitude
Fumant la pipe, comme à son habitude.
L’ouïe et les narines aux aguets,
Couché dans la haute herbe nonchalante
Medor veillait sur les bêtes insouciantes
Tout en écoutant le familier sonnet.
De l’autre côté du pré, maître Renard
Face au vent, enfoui dans les haies
Attend le coucher du soleil tôt ou tard
Echafaudant un plan qu’il lui plait
Son ventre commence à crier famine
Pense t’il en se léchant les babines.
Mais voilà, le rusé goupil n’est pas le seul
A convoiter un chevreau
A défaut d’un petit agneau
La meute des loups conduite par Isaëul
Approche de l’orée de la forêt
Enivrée par l’odeur du met.
Le crépuscule est proche ;
On entend le son des cloches
Tintinnabulantes au cou des bêtes
Tout à leur repas de fête.
Puis les hurlements sinistres des loups
Viennent briser le calme apparent,
Affoler les herbivores dans le champ
Et troubler le renard du même coup.
Le chien a subitement fort à faire,
Courant et aboyant devant et derrière,
Tachant de rassembler le troupeau
Qui ne sait que faire pour sauver sa peau.
S’en est trop pour le goupil
Qui n’est plus tranquille.
Il déguerpit devant le trépas,
La survie passant avant le repas.
Les canidés ont vite isolé plusieurs proies
Sans que leur gardien ne puisse s’y opposer.
Dépassé par le grand nombre cette fois
Il n’a rien pu faire pour les en dissuader.
C’est la queue entre les jambes, obéissant
Qu’il revient près de son maître en jappant.
Le vieux ne sait que trop bien
Qu’il n’y peut plus rien.
Caressant, réconfortant son fidèle ami,
Il pousse un long soupir et prend sur lui.
Ainsi en va la vie :
Il faut se battre chaque jour
Afin de conserver ses acquis.
Celui qui baisse les bras
Ou qui se bat seul
Ne saura défendre son cas.
Au contraire, lorsque plusieurs individus
Se regroupent en un même but,
L’issue peut en être tout autre :
Que ce choix soit le vôtre !
L’union fait la force,
Il ne saurait en être autrement
Dans ce monde féroce.
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