|
CHEZ NEPTUNE
Là-bas, sur l’horizon quand s’annonce la nuit
Le soleil se couchait tout doucement, sans bruit,
Le mauve et l’orangé, traine d’un jour qui fuit
Pour laisser revenir dans le ciel gris, la lune.
Sur le bord du vieux quai dans cette obscurité
L’écume de la mer frôlait en liberté
L’armure de béton qui souvent a cédé
Pour ajouter du sable à la plage, la dune.
Le vieux phare isolé de son trait lumineux
Balayait le rivage au noir majestueux
Pour guider le bateau des marins bienheureux
Vers ce tout petit port caché dans la lagune.
L’ombre se faufilait là-haut sur les créneaux
Dessinant dans l’effroi ses plus tristes tableaux
Où des fantômes blancs déchiraient en lambeaux
Tous les sombres rideaux délavés de Neptune.
|