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L'oiseau de mer
Il frémit quand l'appel du ciel le prend soudain
Son coeur bat à grands coups, les puissantes rémiges
se vrillent et s'écartent à chaque battement,
l'air durci gifle l'eau et voilà brusquement
qu'il jaillit vertical comme un mat qui s'érige.
Son cri rauque résonne et son oeil s'ouvre grand
Il rame et frappe l'air et le ciel vient à lui
il plane, libre, et l'air frémit sur son plumage
les courants ascendants l'aspirent au nuage
pour lui l'azur s'entr'ouvre et le poids s'abolit.
Son oeil fouille le bleu où roulent les moutons
Et maintenant, tournant une large spirale
il descend vers les flots où luisent les harengs
le corps cambré, portant les pattes en avant
pour freiner son élan leur palmure s'étale
Il revient vers la mer pour chercher son butin
Les pattes touchent l'eau en lente diagonale,
plongeant sur leur reflet comme on pose un baiser
et le voila flottant, aile basse, apaisé
il saisit le poisson dans son bec et l'avale
Il n'est plus qu'une fleur dérivant sur la mer
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