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Libres enfants de Roumanie
chassés de l'horizon blanc
de vos caravanes
Libres enfants de Bulgarie
la liberté a un prix
on vous le fait payer trés cher...
Nos coeurs se serrent en pensant à vos cris
de douleur et de misère
Le désespoir a de beaux jours devant lui
Apparemment, l'argent aussi,
qui circule trop impunément, lui,
comme le mensonge et la folie...
Nos larmes perlent en constatant
que des moutons changés en loups
affichent la ségrégation...
La division est un travail efficace
chacun veut sauver sa peau
Mais tout cela laisse des traces
et ça pue le passé contagieux...
Les lendemains qui chantent
se sont pulvérisés dans vos tasses
de sinistre réalité.
La honte nous accable
car ceci n'est pas une fable...
En plein été, bien loin du sable,
notre pays se couvre lentement
de mouches bien singulières
excitées comme toujours
par l'odeur de la pourriture
de l'infâmie et de la poussière
Tristes enfants du voyage
sous les étoiles identiques
vos nuits sont frissonnantes,
bien loin de la belle image
des chansons romantiques
Et vos guitares vont se taire...
Manouches, Tziganes, Gypsies
qu'importe la naissance
puisque tous persécutés,
bien loin de la dignité
des peuples sédentaires...
Sommes-nous tous des frères ?
A tous les vents vos vies
reflètent la lumière
qui brûle un peu nos âmes.
On se reconnaitra
peut-être un jour, peut-être,
en chantant des refrains de Bohême
où il n'y a plus de bohémiens.
Romanichels de notre enfance,
voleurs de poules des romances,
vous faites partie de notre errance
de pauvres et tristes mortels,
sur le sol de notre pauvre France....
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