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Cet ordinaire assassin -

le jeudi 26 août 2010, à 13:19. Posté par Louis ENGIVAL



    J’aime ta chair froide à jamais étendue
    Et cette nuque roide où l’émotion n’est plus
    Je m’assure le cul sur ton blanc carrelage
    Que le souffle s’est tu, si près de ton visage

    Là, machinalement, la main sur tes cheveux
    Je remets ces mèches égarées et perdues
    Inhalant tes parfums que je ne sentais plus
    Effleurant ta peau sèche en guise d’aveux

    Pour l’absence des mots en ce temps révolu
    Qui devint, l’échange d’un regard, parfois deux.
    J’avais ôté tu sais, puisque dehors il pleut,
    Mes chausses dans l’entrée quand je suis revenu

    J’ai acheté le pain, puis vu ce vase bleu
    Brisé, près de ta main si frêle et si menue
    Comme ces quelques fleurs lâchées à l’impromptu
    Lorsque je vis ton corps, ce départ sans adieux…

    25 août 2010.
    Louis.

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commentaires ( 3 ) (Ajouter un commentaire)
Loïc le jeudi 26 août 2010, à 17:29
Ça n'a strictement rien à voir avec mon espoir de voir le moins de gros mots possible sur le site -- j'en ai inclus un dans mon dernier écrit -- mais "je m'assure le cul" semble peu en phase avec la suite de la description, travaillée plus que tere-à-terre, même si elle penche de ce côté-là aussi.
Différent de tes poèmes habituels, original : on imagine cependant que l'homme rentrant chez lui pour découvrir le cadavre de la femme n'est qu'une métaphore pour autre chose.
Amitiés
----
http://www.mespoemes.net/cellox

Louis Engival le jeudi 26 août 2010, à 18:22
Loïc,
Peut-être faut-il y voir les différentes formes de "mort"s qui surviennent avec le temps... au delà de la séparation physique...
Quant au mot "Cul", je ne le pense pas grossier, ordinaire tout au plus.
Si tu as lu mes textes, tu devrais deviner que s'il entre ici pour la première fois dans mon vocabulaire, c'est que son usage n'est pas innocent.
Ne serait-ce qu'une virgule, je ne dépose jamais rien par hasard et en assume le moindre contenu aussi terre à terre et penché que ce puisse être.
Ah si, j'ai, je pense un texte encore plus sordide et trivial mais peut-être moins vulgaire (au sens sermo uulgaris) "Le rire de Dieu"... sur ce même site.
Bien à toi, louis.
----
http://www.mespoemes.net/engival

Loïc le vendredi 27 août 2010, à 03:49
Les formes de morts, j'en ai un petit catalogue (comme tout le monde, mais tout le monde y pense-t-il ?). Ici j'ai l'impression, forcément, que la brutalité -- ou la soudaineté -- prime, par opposition à "Le Rire de Dieu" : d'alleurs je ne trouve pas que ce dernier soit plus sordide, mais plus gothique ; le sordide ou le terre-à-terre semblent tenir aux détails banals (privés de tout glamour) qu'on mélange à la poésie. En passant je n'ai rien contre le sordide, je lisais Maiakovsky récemment et on peut en faire bien des choses (de mon côté j'ai écrit "Les Choses Qui n'Intéressent pas", et eu des réactions justement sur le côté "pas poétique"... voulu !)
Amitiés

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